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La gestion de projets en technologie éducative est relativement peu connue, et ce, bien que la plupart des individus ait déjà entendu parler de gestion, de projets, de technologies et de pédagogie. Selon Christian Depover :

[…] malgré le développement exponentiel des TIC dans toutes les sphères de la société, malgré cette profusion d’outils technologiques pour mieux faire la recherche, bon nombre de chercheurs se font encore aujourd’hui une idée trop limitative des possibilités qui leur sont offertes par les technologies : certains hésitent encore à se lancer dans des usages qui dépassent l’utilisation du traitement de texte ou le recours au courriel. Quoique de plus en plus nécessaire pour développer, mettre en place et réaliser des recherches, on constate donc que l’usage des TIC n’est toujours pas bien ancré dans la recherche en sciences sociales en général et en sciences de l’éducation en particulier[1].

De nombreux gestionnaires qui doivent créer et administrer des projets en technologie éducative réalisent maintenant à quel point une telle démarche est bénéfique pour leur institution et leurs membres, et ce, que ce soit au niveau financier, organisationnel ou des ressources humaines. Pour plusieurs d’entre eux, essayer une méthode propre à la gestion de projets, c’est aussi l’adopter pour ne plus revenir en arrière par la suite. Ainsi, une entreprise peut considérer que leurs formations en salle de classe coûtent trop cher alors que leurs apprenants proviennent de divers pays et doivent se réunir à un même endroit afin de participer à des rencontres de formation, ce qui nécessite du même coup des déboursés significatifs en termes de frais de déplacement et d’hébergement, notamment. Dans un tel cas, une nouvelle façon de faire pourrait s’avérer nécessaire.

La solution :

permettre aux employés de suivre des cours en ligne et transmettre les informations requises de manière virtuelle. Bien qu’il s’agisse d’une idée novatrice et économique, encore faut-il mettre en place une série de procédures permettant d’y arriver et d’implémenter ledit projet; c’est dans ce contexte que s’inscrit la gestion de projet. Cette dernière inclut plusieurs étapes et les efforts qui y seront accordés porteront fruits à long terme, d’où l’intérêt pour l’entreprise de ne pas considérer la gestion de projet telle une remise en cause à durée limitée. L’employeur pourrait devoir enregistrer un formateur sur vidéo, effectuer une reproduction électronique du matériel pédagogique, créer des outils technologiques de conseils et d’interactivités et, parallèlement, impliquer des spécialistes technologues, pédagogues et graphistes, entre autres, afin de créer un environnement virtuel complet, et ce, sans dépasser la date limite pour le lancement officiel.

Cet exemple est intéressant puisqu’il permet de conceptualiser l’impact global de la gestion de projet en technologie éducative sur une entreprise alors que plusieurs éléments corporatifs sont touchés : la recherche et le développement, les ressources humaines qui doivent relever de nombreux défis liés au contenu et à l’organisation, la mise en place de curriculums techniques sur mesure et la dotation de nouvelles technologies de l’information et des communications. Mais les avantages sont aussi nombreux : la création d’un environnement pédagogique virtuel engendrera de nouveaux éléments servant à répondre aux besoins internes (chaque département pourrait vouloir se doter de formations virtuelles) mais aussi aux besoins des clients dans le cas de la vente de produits nécessitant une formation continue visant à assurer leur maintenance et leur qualité. Selon nous, les répercussions peuvent donc être exponentielles et ont le potentiel de contribuer à une expansion de la gamme de produits et services offerts par une entreprise.

Nous croyons toutefois qu’une institution pourrait considérer l’option d’une remise en cause temporaire suite à l’échec d’un projet particulier. Si un projet fut mal planifié et si la démarche ne fit pas l’objet de remises en question et de la recherche de solutions viables et efficaces par les gestionnaires, une organisation pourrait être tentée de revenir sur ses décisions et de conserver ses habitudes de fonctionnement professionnel et administratif habituelles. Les entreprises n’aiment pas connaître les échecs, d’où l’importance de bien choisir ses ressources humaines et d’avoir des objectifs concrets et réalistes quant aux projets à réaliser. À cet effet, une démarche solide sera capitale.

    Une démarche

    Dans le cadre de la gestion de projets, la démarche est nécessaire, voire primordiale. André Giordan, professeur à l’Université de Genève, stipule que « sur le plan éducatif, la démarche expérimentale est très porteuse [et] permet de développer une multitude de qualités et d’investigations »[2]. En ce sens, mettre sur pied un projet, gérer ce dernier et le mener à terme n’est-il donc pas, d’abord et avant tout, une expérience humaine faisant appel à des ressources multiples, diverses et complexes? Pour nous, il n’y a aucun doute et, pour gérer cette complexité humaine et matérielle et évaluer puis contrôler chacun des facteurs liés au projet, une démarche est requise.

    Héloïse Deffobis de la Bergerie Nationale de Rambouillet mentionne qu’un projet est constitué de cinq étapes qui sont en interaction constante : un état des lieux menant à certaines orientations, une élaboration, une contractualisation (choix des partenaires), la conduite du projet dotée d’indicateurs de suivi et, enfin, une évaluation[3]. Parallèlement, il faut identifier les problèmes possibles et concevoir que des solutions existent toujours; bref, il faut être optimiste, certes, mais rationnel.

    Le plus important au niveau de la démarche est de constamment garder à l’esprit les objectifs, c’est-à-dire ce qui est essentiel et primordial pour le projet, et ce, en terme de besoins, du public cible concerné par le projet et du contexte, notamment. À vrai dire, la démarche doit être considérée tel un élastique : une démarche trop rigide risquerait d’être contre-productive puisque ne laissant aucune place à des modifications pourtant requises suite à de nouveaux éléments et facteurs inconnus ou non considérés antérieurement; mais une démarche laxiste aurait le désavantage de favoriser une désorganisation et un manque de contrôle qui, ultimement, aurait des conséquences néfastes sur les intervenants, l’équilibre budgétaire, les ressources matérielles et pourrait même repousser la livraison du projet à beaucoup plus tard, ce qui serait catastrophique pour l’équipe, pour le mandataire et pour les clients concernés.

    Des conditions de succès

    Dans un premier temps, il faut être conscient que des embûches non prévues au départ surviendront mais il faut quand même planifier à l’avance, et ce, bien que l’on sache que tout ne sera pas parfait. Prendre le temps de planifier longtemps d’avance est primordial et permettra d’éviter de perdre du temps par la suite. Des conflits personnels et divers problèmes propres aux échéances, aux ressources humaines et matérielles se produiront et ce sera alors aux gestionnaires d’intervenir et de proposer des solutions adéquates. Afin d’y parvenir, nous croyons fortement que ces derniers devront effectuer des rencontres périodiques et tout mettre en place pour régler les litiges promptement afin d’éviter tout débordement.

    Parallèlement, la transparence, la précision et la clarté des informations fournies sont des facteurs qui, dès le départ, marqueront la nature et l’évolution du projet; en ce sens, tous les intervenants concernés doivent être au fait des informations et avoir l’opportunité de donner leur point de vue et de pouvoir s’exprimer librement tout au long du projet. Une telle façon de faire facilitera les échanges d’informations entre les participants tout en promouvant une ambiance générale de travail marquée par le respect des individus et de l’éthique en général.

    D’autre part, le succès pourra aussi se mesurer par la qualité de l’équipe de travail sélectionnée pour ledit projet. En effet, un projet en technologie éducative fait appel à différentes expertises basées sur la technique et la théorie et nécessite donc l’intervention de technologues spécialisés dans la mécanique et les processus électroniques et technologiques mais aussi de spécialistes des connaissances, du savoir nécessaire à l’implantation de processus pédagogiques et théoriques complexes. Pour sa part, le chargé de projet ne sera pas nécessairement un théoricien ou un technologue expert mais, pour la réussite du projet, c’est son potentiel à créer des réseaux professionnels tant à l’interne qu’à l’externe et sa capacité à bien gérer l’ensemble des ressources humaines et matérielles qui sera requis. Il est vrai qu’un seul individu ne pourra tout contrôler et, qu’à la base, ce sera le travail d’équipe qui permettra au projet de prendre son envol et d’atteindre les objectifs fixés. Les ressources humaines occupent donc un rôle déterminant et sans elles, il serait bien difficile de générer quoi que ce soit en technologies éducatives.

    Selon Alexander Romiszowski, trois phases marqueront la réussite ou l’échec d’un projet d’apprentissage à distance :

    Phase one is the initial euphoric “flight of the Phoenix” up into the sky much higher than is wise, driven by the enthusiasm of the early adopters and fuelled by funding and support from a variety of stakeholders who have been led to expect certain benefits in return. Phase two is the tumble back to earth as the projects fail to deliver promised benefits and the stakeholders withdraw their support […]. Phase three is the slow and careful rebirth of the Phoenix from its own ashes – the technical experts have learnt from their mistakes that the world is not quite as predictable and well ordered as they thought, and that each new project has to be not only well planned, but also most skillfully implemented and managed if the theoretical benefits are to be reaped in practice[4].

    En dernier lieu, mentionnons que le succès peut aussi être influencé par les stratégies pédagogiques utilisées. Des stratégies novatrices qui interpellent les apprenants et qui sont interactives auront davantage de succès que celles qui ne misent que sur la théorie. L’utilisation de formules pourra aussi contribuer au succès global d’un projet. Ainsi, l’on pourra expliquer la valeur propre d’un projet virtuel en soulignant les économies substantielles qu’il permet (élimination des déplacements, des frais d’hébergement et des locations de salles de classe, entre autres). L’on constate donc qu’un projet réussi est le résultat de plusieurs facteurs allant de la planification initiale à la gestion du personnel et des ressources matérielles.

    La gestion de projets : une nouvelle culture organisationnelle qui durera

    Le développement d’une « culture projet », c’est d’abord reconnaître tout le potentiel associé à la pédagogie par projet. Selon Philippe Perrenoud, professeur à l’Université de Genève, une telle approche a plusieurs avantages : elle permet de construire des compétences, de mobiliser les acteurs par des enjeux qui leur importent, de surmonter des obstacles par le biais de l’Autre ou par de nouveaux apprentissages, d’apprendre par essais et erreurs, de reconnaître ses forces et faiblesses par l’autoévaluation, de développer une intelligence coopérative, de prendre confiance en soi par une prise de pouvoir personnelle et de choisir et de négocier de manière autonome, notamment[5].

    Développer des projets en technologie éducative fait appel à différentes valeurs qui peuvent bouleverser l’ordre établi de certaines institutions. Cinq valeurs particulières touchent directement la gestion de projets en environnements d’apprentissage : la coopération, la motivation, l’éthique, le contrôle et l’innovation. Coopérer ensemble et dialoguer des possibilités au sein d’une équipe de travail, décentraliser le pouvoir décisionnel et participer au développement durable des talents tout en motivant ses troupes, miser sur une éthique de travail qui valorise la transparence et la responsabilité des employés, maximiser et optimiser les contrôles liés aux investissements et aux risques et, aussi, trouver des solutions novatrices et assurer une qualité supérieure quant aux services pédagogiques transmis, voilà une culture organisationnelle de nouvelle génération qui saura répondre aux besoins et aux aspirations des institutions mais aussi des intervenants et des clients.

    L’évolution et les transformations qui affectent les institutions sont, selon nous, bénéfiques mais certains employés ne seront pas nécessairement en accord avec une nouvelle philosophie de gestion alors que d’autres refuseront carrément d’adopter certaines valeurs prônées par l’employeur afin de mieux répondre aux nouveaux défis. Plusieurs raisons motiveront l’attitude réfractaire de certains employés face au changement : la crainte de ne pouvoir s’adapter à la nouvelle réalité, la peur de ne pouvoir apprendre puis exécuter de nouvelles tâches différentes de celles apprises et maîtrisées antérieurement, l’obligation de développer de nouvelles habiletés alors que l’employé estime avoir été suffisamment entraîné par le passé, voire même l’appréhension liée aux modifications des rôles et des responsabilités propres à chacun sans oublier la possibilité que des postes soient abolis.

    Ainsi, le changement est porteur de nouvelles possibilités mais peut aussi inquiéter et chambouler une organisation. En ce sens, adopter une nouvelle culture de l’organisation, c’est aussi être conscient de l’impact émotif, relationnel et psychologique des transformations requises sur les individus et éviter de rejeter complètement des méthodes pédagogiques traditionnelles mais plutôt chercher à les intégrer à de nouvelles approches tout en évitant des conflits que l’on pourrait qualifier de générationnels. Selon le professeur Jeff Haywood, vice-recteur de la gestion des connaissances à l’Université d’Édinbourg :

    […] e-learning needs to be used in a way that aligns with traditional teaching and learning methods and doesn’t compete or conflict. This is partly because academic staff are more comfortable with this situation but more importantly that the majority of students still feel strongly that they want the traditional face-to-face teaching and support that they are accustomed to. In time their comfort zones will move, indeed one can see them moving, but forcing the pace can be counterproductive[6].

    Pour palier aux craintes et favoriser une implantation réussie de nouvelles valeurs au sein de l’organisation, les gestionnaires devront donc trouver en quoi les individus réfractaires pourront servir le changement et y apporter leurs expertise et compétences. C’est donc dire qu’il ne faudra laisser aucun intervenant de côté et, surtout, s’assurer que chaque employé puisse contribuer à sa façon au rendement de l’équipe. Il s’agit là d’une nouvelle culture de l’organisation qui saura répondre aux nombreux défis de l’avenir.

    Le gestionnaire de demain

    Le gestionnaire de la nouvelle génération sera, et est déjà à bien des égards, à l’image des changements socioéconomiques, politiques et culturels actuels et à venir. Dans un monde de plus en plus complexe, où la compétitivité se vit à tous les niveaux et où la multidisciplinarité et la spécialisation professionnelle sont omniprésentes, le gestionnaire de projet en technologie éducative devra être en mesure de concilier les différences, de rapprocher les parties, de faire travailler des individus ensembles bien qu’ils aient des objectifs et des visées diamétralement opposées, d’user de stratégies scientifiques reconnues, de valoriser l’éthique, et ce, sans rejeter les vertus plus traditionnelles développées par les gestionnaires d’avant.

    En quelques mots, le gestionnaire de demain devra être la courroie de transmission de toute une équipe et, afin d’y arriver, il devra être « un bon communicant, un diplomate sachant désamorcer les situations de crise [et, selon Nicolas Garelik, responsable recrutement chez SAP France] posséder une résistance au stress à toute épreuve »[7]. Certes, un tel gestionnaire devra continuellement s’assurer du temps requis, des ressources humaines et matérielles nécessaires à la réussite de son projet. Il devra aussi continuer à documenter et à encadrer son projet de manière rigoureuse. Tout cela relève des us et coutumes traditionnels propres aux gestionnaires de projet. Toutefois, le gestionnaire « nouveau genre » devra, de plus, être à l’écoute de ses coéquipiers, et ce, en s’assurant que tous et chacun au sein de son équipe soit au fait des informations et des prises de décision. En termes clairs, le nouveau gestionnaire sera un apôtre de la transparence. Il valorisera le travail de ses pairs et conseillera ces derniers tout en étant en mesure de prendre lui-même des conseils d’autrui, il devra effectuer des réajustements et des rétroactions périodiques afin d’assurer un contrôle optimal du projet en cours. Pour lui, ce sera l’équipe qui primera !

    Le chargé de projet devra effectuer un encadrement de qualité sans connaître nécessairement les techniques propres à ses collègues. Sa force sera la communication et l’une de ses compétences principales sera de créer des liens entre la technique et la pédagogique. Le gestionnaire de demain devra aussi penser « en dehors de la boîte » et trouver des solutions novatrices à des problèmes usuels ou plus particuliers. Grâce à l’avancée des technologies et aux nouveaux moyens de communication (par exemple, Skype et Twitter, divers réseaux sociaux en ligne et l’arrivée constante de nouveaux outils technologiques), le gestionnaire devra se tenir au courant des nouvelles tendances, voire même développer de nouvelles approches afin de répondre à diverses problématiques. Il demeure toutefois deux attitudes qu’il devra cultiver et propager auprès de ses collègues, soit la bonne humeur et un optimisme envers l’avenir, soit des valeurs qui ont fait leur preuve par le passé et qui permettent aux individus de traverser les épreuves même lorsque celles-ci sont des plus difficiles.

    Conclusion

    Selon nous, la technologie éducative de même que les environnements d’apprentissage informatisés seront de plus en plus associés à la gestion de projets non pas par obligation ou pour suivre une quelconque mode éphémère mais plutôt en raison de la nature même des individus qui, en l’espace de quelques décennies, ont évolué au même titre que les technologies qu’ils utilisent.

    En ce sens, les nouvelles technologies ont rendu les êtres humains beaucoup plus autonomes et c’est ce même désir d’autonomie et de réussite qui sera, à l’avenir, recherché par les entreprises et institutions. Déjà, le gouvernement canadien indique clairement et sans détour qu’il recherche des employés autonomes, responsables et dotés d’un certain sens autodidacte :

    La gestion de la TI fait appel à des compétences précises, qu’il faut posséder pour gérer un projet type de mise au point de matériel/logiciel au sein de l’industrie de la TI. Toutes les compétences supposent une volonté constante d’améliorer ses aptitudes pour que le niveau (de maturité) du processus de développement de TI soit le plus élevé possible[…][8].

    Nous percevons maintenant un certain nombre de facteurs critiques qui doivent être considérés et mis de l’avant afin que cette dernière puisse continuer d’évoluer dans le temps et d’influencer positivement les futurs chantiers techno pédagogiques. Dans un premier temps, les gestionnaires devront intégrer l’apprenant aux prises de décisions en lui transférant un certain contrôle, un pouvoir. Les intervenants veulent sentir qu’ils font partie du spectacle mais qu’ils sont aussi dans la parade. Toutefois, ce nouveau pouvoir qu’auront obtenu les individus, ils devront à leur tour le partager au sein de leur équipe de travail, et ce, en communiquant leurs informations par le biais de discussions, de conférences et d’entraide coopérative, franche et respectueuse. Le pouvoir, qui était le fief des gestionnaires, n’en sera toutefois pas amoindri mais sera plutôt partagé équitablement, selon les responsabilités et les compétences de tous et chacun. L’époque de la centralisation des pouvoirs est donc révolue et c’est une toute nouvelle approche, plus libre et autonome, qui permettra aux projets et aux individus de se réaliser à leur plein potentiel. Le réseau Internet n’est pas étranger à cette révolution de la gestion de projets. Que ce soit CNN qui permet maintenant aux gens de téléverser leurs propres reportages multimédias pour un visionnement immédiat[9] ou le président américain Barack Obama[10] qui utilise périodiquement les fonctionnalités de Twitter afin de transmettre ses opinions et informations au peuple, il ne fait plus de doute maintenant que le pouvoir n’est plus l’affaire d’une seule personne ou organisation mais bien celui de la communauté, qu’elle soit institutionnelle, sociétale ou globale.

    Cela dit, la question du savoir et de sa transmission n’est pas l’unique élément à considérer puisqu’il y a aussi toute la question de la technologie. N’oublions pas que sans elle, la gestion de projets telle que nous vous la décrivons présentement ne serait pas possible. Cette technologie est créée par les individus et doit être facile d’utilisation et efficace. Le terme WYSIWYG[11] prend alors toute sa signification et doit être au centre des préoccupations de ceux et celles qui mettent en place des systèmes technologiques permettant aux gestionnaires, aux intervenants et aux apprenants de travailler ensemble. Il ne sert donc à rien de proposer des outils et des environnements qui nécessiteraient autant d’efforts à manier que d’informations à assimiler. Ainsi, tout est inter-relié et c’est l’équipe et des outils servant les besoins réels des individus qui assureront maintenant le succès des projets mis de l’avant. Voilà donc à quoi doit ressembler le futur de la gestion de projets en technologie éducative : un environnement de professionnels spécialisés travaillant ensemble avec respect, utilisant des technologies et des systèmes de gestion simples et efficaces et ayant à cœur le bien être émotif, intellectuel et physique de l’Autre.

    Robert Radford, M.A. © 2010


    [1] Christian Depover (dir.), La recherche en technologie éducative : un guide pour découvrir un domaine en émergence, Paris : Édition des Archives contemporaines, 2009, p. 32, extrait du site http://www.thierrykarsenti.ca/pdf/publications/2009/nouveaux_outils.pdf .

    [2] André Giordan, Qu’est-ce que la démarche expérimentale?, extrait du site

    http://library.unesco-iicba.org/French/Sciences/Science%20pages/Articles/qu%27est-
    ce_que_la_demarche_experimentale.htm.

    [3] Héloïse Deffobis, « Mener une démarche de projet », dans L’enseignement agricole partenaire des territoires : un guide pour l’action, Rambouillet : Bergerie Nationale de Rambouillet, p. 2, extrait du site http://www.formater.com/ressources/telechargement/methode/P3_mener_demarche_projet.pdf.

    [4] Alexander Romiszowski, The future of E-learning as an educational innovation: Factors influencing project success and failure, São Paulo: Associação Brasileira de Educação a Distância, septembre 2003, p. 7, extrait du site

    http://www.abed.org.br/revistacientifica/Revista_PDF_Doc/
    2003_Future_E_Learning_Educational_Innovation_Alexander_Romiszowski.pdf.

    [5] Philippe Perrenoud, Apprendre à l’école à travers des projets : pourquoi ? Comment ?, Genève : Université de Genève, 1999, extrait du site http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1999/1999_17.html .

    [6] Jeff Haywood, « E-learning needs to be aligned with traditional teaching and learning methods », dans Bilten Tempus projekta EQIBELT, Zagreb : Tiskara Zelina d.d., janvier 2009, p. 13, extrait du site http://eqibelt.srce.hr/fileadmin/dokumenti/tempus_eqibelt/bilten/Eqibelt_-_broj_06_-_k9.indd.pdf.

    [7] Le Journal du Net, Des qualités indispensables, Boulogne : Benchmark Group, 30 mars 2007, extrait du site http://www.journaldunet.com/solutions/0703/070330-chef-projet/2.shtml.

    [8] Gouvernement du Canada, Compétences de base en gestion de projets, Ottawa : Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, 16 décembre 2003, extrait du site

    http://www.tbs-sct.gc.ca/emf-cag/project-projet/
    documentation-documentation/pmcc-cbgp/pmcc-cbgp05-fra.asp.

    [9] C’est le principe mis de l’avant par la section « IReport » de CNN.

    [10] Cf. http://twitter.com/BARACKOBAMA.

    [11] « What you see is what you get ».